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L'empreinte écologique


 

Une des questions à se poser lorsque l'on crée un projet « nature »  qui implique des voyages est celle du bilan écologique.

Le moindre déplacement génère une dépense énergétique qui pèse sur notre planète. Dès lors, créer une association qui se dit écologique et qui propose des voyages plus ou moins lointains, n’est-ce pas paradoxal ?

Si l’on considère l’impact écologique immédiat d’un voyage « classique », le constat n’est guère brillant. Les déplacements (parfois même en avion), des comportements énergivores sur place (gaspillage, non gestion des déchets, …), le peu de prise en compte de la population locale, la dégradation des sites, ... sont autant de facteurs qui augmentent l’empreinte écologique du voyageur.

Mais alors, quelles alternatives se présentent à nous ?

La solution la plus radicale est d’arrêter de voyager ! Mais si quelques personnes sont prêtes à ce genre de renoncement, la grande majorité des gens continuent à vouloir changer d’air. Certains choisissent la formule « soleil-hôtel-piscine-cocotiers », d’autres aspirent à des voyages « découvertes », qu’elles soient historiques, humaines, naturelles, … Voyager semble donc de toutes façons incontournable dans notre société actuelle, avec comme premier argument le bien-être personnel.

Un autre argument en faveur du voyage est que dans de nombreuses régions du monde (par exemple en Afrique, en Amazonie mais aussi plus proche, comme dans certaines régions de France !), les bénéfices générés par le tourisme constituent un apport majeur à l’économie locale. Et les voyages de découvertes favorisent également la protection de sites naturels, historiques …

« Dans au moins 18 des pays les moins avancés, le tourisme constitue la première ou la deuxième source de recette en devises […]. Un emploi dans le secteur direct du tourisme engendre approximativement 1,5 emploi supplémentaire dans les activités économiques liées au tourisme. ». ( Source : Etre écovoyageur, Robert Pince pour Nature et Découvertes)

Sensibles à ces arguments, nous avons voulu pousser plus loin le raisonnement : puisque la majorité choisit de toutes façons de voyager, alors autant essayer d’améliorer l’empreinte écologique des voyages ! Nous avons donc réfléchi aux moyens d’augmenter l’impact positif et de diminuer l’impact négatif.

 

Diminuer l’impact négatif

Nous sommes conscients que l’impact négatif est difficile à diminuer, notamment à cause des déplacements. En effet, s’il est souvent possible d’organiser du co-voiturage dans le cadre de déplacements en voiture, il est impossible de diminuer directement l’impact négatif d’un voyage en avion.

Nous avons donc examiné les autres aspects de nos voyages.

La production de viande est une industrie dont l’impact sur l’environnement est très important. Par exemple, la production d'un kilo de boeuf nécessite une quantité d'eau équivalente à celle nécessaire pour nous doucher pendant un an et nécessite autant d’énergie que  60 km parcourus en voiture (Source : Ma ville, notre planète, Bruxelles Environnement - IBGE). De là est née l’idée de proposer des voyages dont les repas sont à la base végétariens. Tout en laissant le choix aux participants, nous les invitons à découvrir cette cuisine qui est loin d’être ennuyeuse ou incomplète !

Mais nous savons également que le  végétarisme n’ a pas toujours un sens du point de vue de la consommation d’énergie. Par exemple, sur une île vivant principalement de la pêche, la plupart des restaurants servent le poisson pêché sur place et à contrario, les produits typiquement végétariens doivent être importés sur l’île, parfois par avion ! Le même raisonnement tient pour l’alimentation bio. Lors d’un voyage en pleine montagne où l’on consomme des produits locaux, il est irréaliste d’exiger un label bio …

Une autre façon de diminuer l’empreinte écologique est de choisir des partenaires qui posent eux aussi des gestes pour l’environnement. Par exemple, sans pour autant se restreindre au dernier hôtel bio (souvent fort cher !), nous prenons garde de choisir un logement répondant au mieux à certains critères comme les produits utilisés, le tri des déchets, la consommation d’énergie et d’eau, etc.

Quoi encore ? Pendant le séjour, des petits gestes sont posés par les participants, comme covoiturer ou réduire au minimum les emballages jettables et produits polluants …

Afin de nous guider dans nos choix (hébergement, nourriture, moyen de transport, partenaires, sites …), nous avons rédigé un cahier des charges, sur  base duquel nous élaborons nos voyages. Nous sommes bien conscients que ce cahier des charges ne peut être satisfait à 100% à chaque fois. Mais lorsque nous concevons un voyage, nous passons chacun des points en revue, nous nous demandons si pour ce voyage, ce point a du sens ou pas (exemple : demander de la nourriture bio) et si la réponse est oui, nous évaluons avec nos partenaires s'ils peuvent y souscrire.

Nous espérons ainsi initier auprès de nos partenaires et des participants un mouvement de réflexion qui débouchera sur des habitudes quotidiennes plus respectueuses de l’environnement.

 

Augmenter l’impact positif

Nous considérons qu'un impact positif d’un voyage est le soutien à l’économie locale. Améliorer ce soutien implique d’aller au-delà de l’aspect financier, en nous préoccupant aussi de l’aspect humain.

C’est ainsi que sont nés les voyages touraco f, où l’on initie un tourisme respectueux de l’environnement dans des pays émergeants en impliquant fortement les personnes sur place. Comment ? Tout d’abord, en leur proposant une formation de guide ornithologique, afin qu’ils puissent accueillir des touristes en les éveillant à la découverte de la nature et qu'ils deviennent ainsi des acteurs de la protection de leur milieu de vie. Ensuite, en les sensibilisant à la problématique de l’empreinte écologique, pour que cet accueil se fasse dans le respect du milieu et des autochtones.

Et à nouveau, l’idée est d’apporter une nouvelle façon de voir les choses, qui influencera positivement leur vie de tous les jours.

 

Références, liens utiles …

- Etre écovoyageur, Robert Pince pour Nature et Découvertes : ce petit livret, qui coûte seulement 1€, permet de se familiariser avec les notion d’écotourisme, d’écovolontariat etc. Plusieurs autres livrets ont été édités : Etre consom’acteur, Vivre avec la nature, …

- Le site du WWF qui permet de calculer votre empreinte écologique globale, dans la vie de tous les jours : www.wwf.be ou http://www.wwf.be/fr/

- Entamer une réflexion ? Améliorer son empreinte écologique ? Le site des Amis de la Terre donne des infos utiles et pratiques, notamment lancer des groupes de "simplicité volontaire et décroissance" locaux : www.amisdelaterre.be ou http://www.amisdelaterre.be

- Ma ville notre planète, publication mensuelle sauf juillet-août, Bruxelles Environnement IBGE, info@bruxellesenvironnement.be